L'Insatiable | La Maille en péril aux Lilas
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DE FACE]

La Maille en péril aux Lilas

Entretien avec Armel Veilhan

La Maille, lieu de formation et de création théâtrales niché au bout de la petite rue du Coq-Français aux Lilas, voisin et ami du Triton dont nous parlions dans notre précédent numéro, va fermer ses portes…
Armel Veilhan, fondateur de la compagnie Théâtre A, s’y est installé en 2009. Il est aujourd’hui désireux de poursuivre le travail de transmission entamé avec les amateurs et le public, il souhaite poursuivre l’aventure aux Lilas, là où l’on voudra bien l’accueillir…

Marie Fortuit et Armel Veilhan devant La Maille aux Lilas. © La Maille

Après une carrière de musicien qui oblique tôt vers le théâtre, un premier roman 1, un travail d’acteur avec Joël Jouanneau, des mises en scène, des stages, voici que La Maille, votre charmant petit lieu installé aux Lilas, est menacé de fermeture…

Armel Veilhan : Après dix années de compagnie avec le Théâtre A, dont six à Confluences, j’avais le désir d’un lieu à nous pour affirmer notre identité. En 2009, Francis Parny, vice-président de la Région Ile-de-France, chargé de la Culture, nous invite à déposer un projet au titre de la « permanence artistique et culturelle ». Nous élaborons un dossier important pour nous implanter. Je terminais l’un de mes textes, Brouillages, que Claire Acquart, directrice de Lilas en scène, s’apprêtait à accueillir. C’est ce qui nous a décidés à ouvrir La Maille, après avoir obtenu un conventionnement de 20 000 euros sur quatre ans, avec une année d’essai. Nous nous sommes mis au travail dans cet ancien entrepôt de charbon attenant à un bar d’avant-guerre. Nous avons fait un emprunt pour les travaux, sur six ans, grâce à l’économie solidaire et réalisé nous-mêmes les planchers et les gradins. Nous voulions consacrer le maximum de nos subventions à la création et à la formation, et c’est ce que nous avons fait.

La Maille Armel Veilhan avec les comédiens en atelier

Armel Veilhan avec les comédiens en atelier. © La Maille

J’ai pu assister à plusieurs lectures et mises en scène, notamment Les Bonnes de Genet que vous avez joué 150 fois en 2012, à La Maille et au Lucernaire. Je me souviens aussi de la mise en scène de Nothing Hurts de Falk Richter et d’une lecture de Si bleue, si bleue la mer de Nis-Momme Stockmann que vous allez reprendre la saison prochaine. Comment conjuguez-vous travail sur le terrain, mises en scène et travail d’acteur ?

J’avais été invité en 2011 par Joël Jouanneau à interpréter Le  Naufragé de Thomas Bernhardt que nous avons joué 80 fois, au Théâtre de la Bastille, au Théâtre de Vidy-Lausanne, à Nancy et à Bourges. Quand Jouanneau a dissout sa compagnie, L’Eldorado, il m’a rappelé pour interpréter Dans la pampa de Borgès à La Passerelle de Saint-Brieuc, en mai 2014. Nous avons alors ouvert un cours amateur avec Violaine Favorin, et Marie Fortuit qui travaille avec Célie Pauthe à Besançon, nous a rejoints. Tout en jouant Les Bonnes, elle a ouvert les « boîtes à outils du lundi ».  En 2015, après Nothing Hurts, la première mise en scène de Marie Fortuit, artiste associée et co-fondatrice de La Maille,  j’ai engagé la mise en scène de Si bleue, si bleue la mer  de Nis-Momme Stockmann suite à une Boîte à outils du lundi à La Maille organisée par Marie. Après cette lecture publique, j’ai été en mesure de terminer la distribution avec deux acteurs sortis de l’ERAC2 de Cannes.

 

 

La Maille, c’est l’aventure d’une équipe. J’ai fait partie pendant dix ans de la troupe de Françoise Merle qui enseignait à la Rue Blanche. Elle a joué un rôle important pour les acteurs de ma génération. Marie Fortuit étudiait à Censier sous la direction de Joseph Danan avant de rejoindre mes cours à Confluences ; je l’avais engagée sur le texte de Charlotte Delbo. Violaine Favorin était dans le même cours, elle a fait un travail magnifique avec les amateurs à La Maille. Il faut ajouter deux autres piliers, Jacques-Benoît Dardant, régisseur lumière et scénographe, et Marie Pennaforte, qui gère l’administration avec passion. Elle avait été assistante administratrice au TNP…

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1. Un enfant dans l’hiver, publié aux éditions Actes Sud.
2. École régionale d’acteurs de Cannes.