L'Insatiable | Miss O’Range a une Green Card !
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[VU DE FACE]

Puisque vous aimez les faux animaux et que vous vous préoccupez du réchauffement climatique, pourquoi vos crocodiles verts n’iraient-ils pas un jour descendre une piste de ski ?

Ils l‘ont fait, à Stockholm. Avec une canne de golf, sur une piste de ski de fond en centre-ville. C’est comme les photos que nous avons prises autour des icebergs en train de fondre. Nous avons été partout, de Genève à New York, et Madame Lejaune a même été dans le New York Times, avec sa pancarte reprenant le slogan de Susan George : « 70% des pauvres de la planète sont des femmes. » Je vais prochainement présenter ma pièce « Miss O’Range » au Festival de Melbourne, où les fables photographiques seront exposées en même temps, y incluse celle que nous allons créer en nous mêlant aux touristes visitant la Grande Barrière de Corail.

 

Miss O’Range fait-elle du théâtre invisible ?

Nous nous considérons et nous présentons comme des gens ordinaires, ce qui permet au plus grand nombre de se reconnaître dans notre travail. Nous agissons en témoins. Nous avons les comportements des gens de notre époque. Nous les avons juste encore un peu plus que les autres gens. Nous improvisons tous les deux en traversant l’instant présent. Je vis certes dans une ferme et mange les salades de ma propre production, mais je vis avec mon époque !

Ce récif australien est un symbole de la fragilité des écosystèmes.

Tout mon travail est basé sur les limites et les frontières ou barrières. Et celle-là qui est en train de disparaître est représentative des conséquences d’un tourisme de masse. Il y a 820 opérateurs touristiques et 1500 navires qui opèrent dans le « Marine Park ». Je vais donc m’y infiltrer, me glisser parmi les touristes avec Raphaël Helle dans le rôle d’un bon père de famille, touriste qui prend en photo sa femme, personne légèrement excentrée car accompagnée de ses crocodiles. Après l’Australie, je veux aller au Groenland. Je travaille sur une coopération avec l’Unesco et suis en contact avec des scientifiques qui consacrent leur vie aux recherches sur le réchauffement. Miss O’Range les rencontrera.trianglesignature

 

Propos recueillis par Thomas Hahn

 

  • Retrouvez l’article de Thomas Hahn sur Caroline Amoros dans la version papier de Cassandre/Horschamp 105.

 

©Raphaël Helle