L'Insatiable | 11 MARS 2016 FUKUSHIMA NIGHT
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11 MARS 2016
FUKUSHIMA NIGHT

Par Bruno Boussagol

Cinq années après le début de la catastrophe de Fukushima, L’APPEL DU 26 AVRIL (1) accueille le 11 mars 2016 à la Maison de l’Arbre à Montreuil une soirée d’information, de protestation et de résistance.

 

Pourquoi une telle soirée ?

Pour revenir au contexte qui a permis qu’une telle catastrophe advienne. L’avenir contaminé de la planète par la radioactivité n’est pas une possibilité mais une réalité dont nous pouvons seulement décider d’interrompre le cours. L’alternative étant de poursuivre sur cette voie et de nous préparer à de nouveaux accidents statistiquement annoncés. Deux catastrophes nucléaires ont traumatisé les populations puis ont été intégrées au cours des choses : depuis le 26 avril 1986, celle de Tchernobyl et, depuis le 11 mars 2011, celle de Fukushima. Ces catastrophes comme celles qui menacent ont la particularité de commencer le jour de l’accident pour ne s’arrêter qu’après des dizaines d’années, voire des millénaires suivant la durée de demi-vie  des radionucléides libérés dans l’atmosphère, la mer, les sols. C’est vertigineux !

Nous n’allons pas faire le récit de ces catastrophes qui sont largement exposées sur le Net. Nous voulons juste rappeler que les industries nucléaires civiles et militaires ont causé des millions de cancers et de morts depuis soixante-dix ans. Il y a effectivement soixante-dix ans, le 6 août 1945, explosait « Little Boy » (la première bombe atomique) sur Hiroshima, puis le 9 août, « Fat Man » sur Nagasaki. Dès lors, 2077 bombes, élégamment nommées « essais nucléaires », exploseront dont 520 dans l’atmosphère, dispersant des particules radioactives (notamment à « vie longue ») qui se sont disséminées depuis au gré des vents dans toute l’atmosphère terrestre. 80% sont toujours en suspension.

Sans parler de l’utilisation des déchets nucléaires dans les bombes de dernière génération ni des accidents importants survenus depuis cinquante-huit ans (« Windscale » en 1957) dans plusieurs centrales en Angleterre, en Suisse, en France, en ex-URSS et aux États-Unis. Quant aux mines d’uranium actuellement exploitées ou abandonnées, aux déchets des centrales enfouis sous terre ou immergés dans les mers, aux sous-marins nucléaires échoués ou coulés, aux déchets industriels, militaires ou médicaux, leur ravage sur le vivant croît inexorablement. Et que dire de la vie à l’orée des centrales ?

 

Et pourtant rien ne bouge

Nous partons de l’hypothèse que la plupart des habitants informés voudraient sortir de cet avenir contaminé mais qu’ils ne savent pas comment s’y prendre. On les comprend d’autant plus que nous-mêmes qui ne faisons que poursuivre la protestation de nos aîné(e)s – Günther Anders, Bertrand Russel, Alice Stewart, Rosalie Bertell, René Dumont, Solange Fernex, Vassili Nesterenko, Roger Bebéoch, entre autres – n’avons pas su interrompre cette course lente vers la contamination radioactive de l’ensemble de notre planète.

Bus-Musee

Ci-gît, sculpture de Pierre Della Giustina © Véronique Boutroux

 

Pourquoi une troupe de théâtre s’occupe-t-elle de radioactivité ?

La compagnie théâtrale Brut de béton production travaille le tragique depuis trente-cinq ans. Tragique qui se décline de nos jours comme théâtre de la catastrophe. À l’automne 1998, nous découvrions le livre de Svetlana Alexievitch, La Supplication. Livre majeur du XXe siècle, livre bouleversant entre tous. Depuis dix-huit ans, nous avons réalisé dix mises en scène de cette épopée dantesque, en France, en Biélorussie et en Ukraine. Nous avons initié plusieurs festivals et « événements » relatifs à l’art en prise avec la contamination radioactive, avec la collaboration d’artistes ukrainiens, biélorusses, allemands, suisses, italiens, anglais, français, arméniens.